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Faîtes de beaux rêves Situation sentimentale ♥ : Totalement dévouée à son fils, Tom Groupe : Dreamers Avatar : Rebecca Hall
The Limping Woman
Sujet: It's cold outside (Hayden) Sam 22 Déc - 14:46
Tell me stories of the land
"Tom!... Est-ce que tu as vu le livre qui était posé sur la table du salon... Tom!"
Elisa passa la tête par l'embrasure de la porte et elle fronça les sourcils en constatant que son petit garçon essayait de se cacher sous la couverture. Pourtant, ils n'étaient pas en train de jouer à cache-cache. Fort heureusement d'ailleurs car Tom était beaucoup trop doué à ce jeu là et sa mère mettait toujours des heures à le retrouver. Elle se contenta d'un maigre sourire cette-fois ci avant de rentrer dans la chambre de son fils. "Tom... Je sais que tu es là." Il ria sous les couvertures, le son plus qu'audible aux oreilles d'Elisa, elle s'installa à côté de lui avant de tirer la couverture d'un coup sec. "Pas très pratique comme cachette." commenta la mère devant l'air ravi de son petit garçon. Il était recroquevillé dans une position foetale, Alistair, le chat noir, reposant sur son ventre, cachant ce qu'Elisa cherchait.
"Tom ce n'est pas très marrant de me faire courir ainsi, je vais être en retard."
"Alors n'y va pas! Reste avec moi!" protesta le petit garçon, levant une main pour capturer une des mèches de cheveux d'Elisa. Il joua avec d'un air absent tandis que sa mère l'observait. Il était vrai que depuis l'incident du lac et la visite de Maël chez eux, mère comme fils ne se lâchaient plus. Tom avait toujours ce regard dans les yeux... Comme s'il avait peur de quelque chose. Oui mais de quoi? Que pouvait-il bien craindre? Elisa ne comprenait pas et toutes les nuits, elle s'endormait en se disant que peut être... Elle était une mauvaise mère. Peut être que sa mère à elle avait eu raison et qu'elle n'était pas faite pour tout ceci. Mais que faire alors quand Tom lui souriait comme il venait de le faire il y a quelques secondes? Comment lui en vouloir? Elisa poussa un soupir avant d'écarter le chat. Il émit une plainte avant de lui jeter un regard qui se voulait sans doute noir avant de partir. Elisa posa une main sur le livre qui reposait sur son fils avant de prendre de nouveau la parole. "Je dois y aller Tom tu le sais bien, et puis ce ne serait pas très poli de faire attendre Hayden."
Hayden, l'homme qu'elle avait rencontré il y a quelques semaines de cela alors qu'elle déambulait dans la bibliothèque à la recherche de livre pour Tom. L'enfant lisait à une vitesse folle et il s'intéressait à tout, les contes pour enfants l'ennuyaient cependant et il préférait de loin suivre les monstres de H.P. Lovecraft ou même Sherlock Holmes lors d'une enquête, en somme pas des lectures qui convenaient à un enfant de son âge mais sa mère s'en moquait, Tom était comme elle à son âge et plus que jamais, il avait besoin de développer son imaginaire et son goût pour la vie. Bref, elle avait rencontré Hayden, qui lui avait semblé mal à l'aise et pendant les premières secondes, Elisa n'avait pas tout de suite réalisé que ce dernier était aveugle. Ce nom lui disait quelque chose, mais oui, elle avait déjà lu ses écrits! Une chose en entraînant une autre, ils se retrouvaient régulièrement pour des leçons de lecture. Enfin... Pas si elle était en retard.
"Est-ce que je peux venir alors?" demanda Tom connaissant déjà la réponse. Elisa ne voulait pas imposer son fils, Hayden était déjà suffisamment timide, pas besoin d'ajouter un petit garçon curieux à l'équation. Avant qu'elle puisse répondre, Tom poussa un soupir car dans de le fond il savait déjà ce que sa mère allait dire et il se redressa, enlevant les poils de chat qui se trouvaient sur sa chemise.
"Quand tu rentreras... On ira acheter le sapin?"
"Bien sûr! Je te l'ai promis! Tu pourras même le choisir!"
Un nouveau sourire apparut sur le visage de Tom et il se blottit contre sa mère. "Rentre vite alors." Elisa déposa un baiser sur le front de son petit garçon. Par la suite, Tom fut d'une humeur un peu plus joyeuse et il ne fit aucun commentaire quand sa mère le déposa chez leur voisine la plus proche, une femme de presque 90 ans qui elle aussi avait un chat. C'était plus Tom qui gardait un oeil sur elle que l'inverse mais Elisa faisait confiance à son petit garçon. Elle retourna ensuite dans sa voiture, en courant, elle manqua même de glisser sur les quelques traces de verglas qui se trouvait là. Peut être n'aurait-elle pas dû mettre de talons... Tant pis, se dit Elisa en se rasseyant au volant de sa voiture, elle fut plus que généreuse avec accélérateur, surtout qu'elle était déjà en retard. Se garer fut cependant facile car qui venait à la bibliothèque avec ce froid? Elisa bien entendu et elle courut, oui courut, jusqu'à l'entrée de la bibliothèque, livre à la main, avant de faire plusieurs rayons pour trouver Hayden. "Désolée pour le retard." lui-dit essoufflée.
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should I fall out of love, my fire in the light,to chase a feather in the wind, within the glow that weaves a cloak of delight,there moves a thread that has no end, for many hours and days that pass ever soon, the tides have caused the flame to dim, at last the arm is straight, the hand to the loom,is this to end or just begin?
Il fait froid. Ce n’est très certainement pas Kayla qui me dira le contraire, était donné que c’est elle qui se gèle les pattes dans la neige tandis qu’on parcours tranquillement les rues. Où allons-nous ? À un rendez-vous. Pour l’instant, c’est tout ce que vous saurez. Pour la seconde fois de la journée, j’ai quitté la chaleur de ma maison et mon ordinateur pour parcourir les rues de Kuyden. C’est relativement calme aujourd’hui, d’un côté, qui sort par se temps à part les personnes qui y sont obligées ? Moi. Parce qu’à trop rester enfermé, je deviendrais fou. Et puis, comme je l’ai dit, j’ai rendez-vous alors il ne faut pas que je sois en retard. Si on continuer d’avancer à cette allure, je sens qu’on va arriver avec une bonne demi-heure d’avance... Pas grave, je préfère ça à être en retard. Et puis, étant donné que je serai bien au chaud, il n’y aura pas de soucis. C’est donc avec un sourire accroché aux lèvres que j’avance tranquillement, mon amie à quatre pattes me guidant dans les rues. J’écoute le crissement de la neige sous nos pas tandis que je tente de me remémorer tout ce que je traverse. C’est un exercice qui devient de plus en compliqué au fur et à mesure que le temps passe...
Je sais où je suis, le plan est inscrit dans la tête et je suis tout à fait capable de me situer, du moment que je fais le trajet à pied. Je suis plus déstabilisé lorsque je dois prendre le bus. Je n’arrive plus à compter le nombre de rues traversées. Mais aujourd’hui, il n’y a pas de problème. Je suis juste occupé à un exercice de mémoire. Celle-ci se déforme avec le temps. J’ai toujours eu une excellente imagination mais lorsque celle-ci remplace la réalité, c’est difficile à gérer. Surtout que mes rêves sont à l’image de ma propre représentation du monde et je constate bien que tout change, petit à petit. Ça me fait peur, alors je tente de "visionner" mes propres souvenirs en me baladant. Je me souviens des allées bordées de haies, je me souviens de la neige sur les branches nues, je me souviens des portails de bois, de plastique ou de métal. Je me souviens de la couleur des plaques des rues, de la police dans laquelle les noms sont inscrits... Et pourtant pour moi, tout cela commence à se résumer à des mots. Je sais comment décrire quelque chose mais je suis certain que ma visualisation des choses commence à être légèrement différente de la réalité... Enfin, les choses sont ainsi et je crois que ça plait à mes lecteurs. C’est le principal, non ? Ça leur plait et moi ça m’amuse de faire partager tout cela. Tout est parfait.
Finalement, après une bonne heure de marche, on arrive à destination. Enfin, je crois. Si je ne me sous pas trompé, on est au bon endroit. Où sommes-nous ? À la bibliothèque municipale. Qu’est-ce que je biens faire ici, moi ? Hé bien, lire ? Non, d’accord, j’avoue, je ne peux pas. Il faudrait que j’arrive à convaincre le bibliothécaire d’acheter des livres en braille. Quoique, pour moi seul, ce serait exagéré. Surtout que je peux m’en acheter moi-même. Mais c’est quand même dommage, il y a tant et tant d’ouvrages qui me sont inaccessibles... Bref. On monte les escaliers qui mènent à la porte principale, je fais attention, la neige est dangereuse. Kayla aboie légèrement et je ne comprends que trop tard qu’elle me met en garde contre une plaque de verglas. Résultat, je glisse dessus, lâche son harnais et dégringole jusqu’en bas. Outch... Par les dieux du Nord, on n’a pas idée de mettre des plaques de verglas sur des escaliers ! Je me suis fait mal moi ! Et en plus j’ai perdu mes lunettes pendant ma chute. Je me relève en grimaçant. Tss, je vais encore avoir des bleus. Mon amie m’a déjà rejoint et presse son museau contre ma main droite. Je souris et glisse l’autre main sur sa tête. Je vais bien, ce n’est jamais qu’une chute. J’en ferai d’autres. Tiens, au fait, c’est quoi ce qu’elle tient dans sa gueule ? Ah, mes lunettes !!! Eurk, elle a bavé dessus. Bon, je les glisse dans une des poches de mon manteau et les y laisse. Je les laverai en rentrant. De toute manière, ce n’est pas comme si j’en avais besoin...
Je tâtonne un peu pour retrouver le harnais mais une fois que c’est bon, on repart. Cette fois, je fais très attention où je mets les pieds. Par chance, cette seconde tentative est la bonne malgré le fait que je boitille légèrement. Kayla ouvre la porte et nous entrons. Ah, à cette odeur, je peux assurer que nous sommes bien au bon endroit ! Le papier, les livres et leurs reliures pour les plus anciens ont une odeur terriblement reconnaissable. Je sens ma chienne se secouer pour retirer la neige de son pelage, pour la part je glisse une main dans mes cheveux pour retirer les flocons qui s’y sont installés. Je suppose que j’en ai plein partout sur mon manteau et mon pantalon mais ça, je ne peux pas y faire grand chose. Ça fondra d’ici quelques minutes et il n’y aura plus rien. Quelqu’un vient me faire remarquer que les chiens sont interdits dans l’établissement, je suis donc quelque peu obligé de lui rappeler que, selon la loi, les chiens guides d’aveugles sont autorisés partout. Si c’est pas malheureux d’avoir à le rappeler à chaque fois...
Lorsqu’enfin ce petit souci est réglé, je vais disparaître entre les rayons. Je me remets l’organisation en tête, Kayla ne pouvant pas me guider dans cet espace. Je me fais le plus silencieux possible et, yeux fermés, je me fie à mes souvenirs. Où puis-je bien aller ? Bonne question. Combien de temps reste-t-il avant qu’Elisa n’arrive ? Bonne question. J’appuie sur le bouton de ma montre qui m’indique l’heure. J’ai un quart d’heure d’avance. Oui, j’ai traîné en route et la chute m’a fait perdre du temps. Et oui, j’ai une montre sonore. C’est la classe. Au moins, je reste indépendant à ce niveau là. Je dirige ma camarade à quatre pattes vers le rayon romans. Romans philosophiques d’ailleurs, si je tiens à être précis. Je cherche un ouvrage en particulier, un ouvrage que j’ai lu quand j’étais encore adolescent et qui m’avait paru tout étrange. Mais je suis obligé de demander de l’aide pour le retrouver. Je n’aime pas ça, pas du tout. Alors pendant une bonne dizaine de minutes je cherche, je laisse mes doigts parcourir le dos des ouvrages, à la recherche de l’objet de ma convoitise. Je sais que sur l’un des exemplaires, les lettres de la couverture sont en relief. Il faut juste que je le retrouve... Et finalement, je pense que c’est bon. Je tire le petit livre de sa place et laisse mes doigts glisser sur la première de couverture. Il me faut quelques secondes pour discerner les lettres. Mais c’est bon, je l’ai ! Le Portrait de Dorian Gray, d’Oscar Wilde. Allez savoir pourquoi je repense à cet ouvrage. Mystère. Je laisse Kayla me guider jusqu’à un recoin tranquille où je m’installe pour "lire", ma chienne se lovant à mes côtés. Et je reste là, le livre ouvert entre mes mains, essayant de me souvenir de certains passages tout en attendant que ma lectrice attitrée arrive. J’ai hâte, j’adore la retrouver ! D’ailleurs, ne serait-elle pas en retard ? Si, j’en ai bien l’impression... Pas grave, pour ce que je suis ponctuel parfois.
Finalement, des bruits de pas précipités se font entendre. Je lève la tête et rouvre les yeux. Inutile, pour moi tout est noir, comme depuis trois ans. Mais bon, si je les garde fermés, ça risque de faire bizarre. Vu le bruit que ça fait, c’est une femme qui court. À moins qu’un homme s’amuse à se balader avec des talons mais franchement, si je suis capable de ce genre de bêtise, je ne connais pas grand monde qui fasse de même. Alors, qui est-ce ? Elle s’arrête dans mon rayon et sa voix me fait sourire. Elisa. Qui me demande pardon pour son regard. Je souris d’autant plus et secoue la tête de gauche à droit. Je ne suis pas à quelques minutes près voyons, ce n’est pas comme si je faisais ce que je voulais de mes journées comme de mes nuits, sans la moindre contrainte horaire. Je lui fais signe de s’installer si elle le souhaite. Ou sinon, je peux me relever et on partira à la recherche d’une table.
-Pas de soucis Elisa ! Tom t’a retenue ?
Je pense regarder dans sa directions, sans toutefois la voir. Je pense que ça doit faire bizarre de se faire regarder sans que ce soit réellement le cas... Ça doit même être très perturbant. Mais là je n’ai pas trop le choix, étant donné que mes lunettes sont pleines de bave, je vais éviter de les reposer sur mon nez. Soudain, je cligne des yeux et fait glisser les pages de mon livre jusqu’à atteindre, globalement, la première page. Je saute celles de la préface, me souvenant à peu près du nombre de celles-ci, puis laisse mon doit glisser sur le papier. Je ne peux pas lire mais... Peut-être que... Oui, je crois me souvenir !
-Oh, je suis sûr de me souvenir de l’incipit de ce livre ! "L’atelier était empli du capiteux parfum des roses, et, lorsque la légère brise d’été frémissait parmi les arbres du parc, la lourde odeur du lilas franchissait la porte ouverte, à moins que ce ne fût la senteur plus délicate de l’églantine aux fleurs rosées." C’est ça non ? Oh, pardon, j’en oublie la politesse. Comment vas-tu aujourd’hui ?
Finalement, je me relève. Je suis étrange parfois. Quoique... En fait non, je suis tout le temps étrange, mais peut-on m’en vouloir d’être ce que mes amis qualifient de cinglé ? Peut-être. Mais je n’ai pas envie de changer plus que ça. Je me retrouve donc debout, mon libre fermé entre mes mains, et je sens Kayla m’imiter. Elle est encore quelque peu méfiante avec Elisa mais il n’y aura pas de soucis avec elle. Perfect. Bien ! J’attends patiemment la réponse à ma question.
Elisa eut un sourire devant Hayden avant de s'arrêter car dans le fond, il ne pouvait pas la voir. C'était une pensée plutôt triste et cruelle et pendant quelques moments, juste après leur rencontre, Elisa avait tenté de se mettre à sa place. Comment se passer des couleurs du monde? Du vert des yeux de Tom ou de celui de son pull préféré? Le rouge qu'il avait toujours sur les joues quand il mangeait des fraises car il adorait cela ou même... Non, c'était tout simplement impossible et comme à son habitude, la jeune femme ramenait tout à son petit garçon. C'était normal, sa vie était tellement vide sans lui. C'était complètement stupide car Tom était devenu, et en très peu de temps, quelque chose de vital dont elle ne pouvait pas se passer. Très rapidement, trop rapidement selon certains, Tom était devenu son monde et c'était à travers lui qu'Elisa voyait les couleurs et à travers lui qu'il vivait. Elle ne pensait pas être capable d'aimer quelqu'un plus qu'elle ne le faisait pour Tom, c'était tout simplement impossible. Et pourtant, rien ne la prédestinait elle à être mère, trop timide, trop peu sur d'elle, comment élever un enfant dans ces conditions? Selon Elisa, elle avait eu une enfance râtée, trop choyée, trop protégée, sa mère ne lui avait rien appris qui soit utile dans la vrai vie et plus d'une fois, Mrs McDougall avait suggéré qu'elle laisse tomber ses études, qu'elle revienne à la maison pour que sa mère trouve un homme avec qui la marier.
"Tes deux soeurs sont des déceptions ma chère Elisa, toi seul peut encore m'épargner tout ce... cafouillage."
Elisa n'était pas moins différente que ses soeurs, étant l'enfant du milieu, elle avait toujours été discrète, en même temps comment briller en face de Margaret qui réussissait tout ce qu'elle entreprenait et Péneloppe, qui faisait tout pour faire enrager leur mère. Elisa avait fait sa propre dans ce monde, lentement et sûrement, toujours heureuse quand elle réussissait à arracher ne serait-ce qu'un sourire à son père. Ils se comprenaient mieux car Mr McDougall était quelqu'un de discret tout comme Elisa, il l'avait toujours soutenu à sa façon. En lui envoyant des cartes d'encouragements quand elle était en période d'examens et en s'assurant qu'elle avait toujours de l'argent sur son compte pour pouvoir vivre tout simplement... Elisa voulait que Tom grandisse dans un univers tout à fait différent, qu'il soit heureux, qu'il poursuive ses rêves et surtout qu'il en ait. Elisa avait toujours rêvé de faire le tour du monde et cela ne s'était pas réalisé, mais bon, elle était devenue institutrice, était partie en Amérique du Sud et elle avait eu un fils, au final, tout allait pour le mieux. Hayden lui fit signe de s'installer et Elisa enleva aussitôt son manteau, faisant un clin d'oeil à la chienne de ce dernier. Elisa n'avait jamais une grande fan des animaux, cela avait changé depuis Tom, elle roula des yeux à la mention de son petit garçon et finit par s'asseoir bien contente d'être là et pas dans le froid dehors.
"Tom va très bien... Il voulait venir tu sais? Mais il a tendance à être bruyant dans les bibliothèques et à s'extasier de tout, et en général, il ne veut pas partir." dit Elisa en posant son livre quelques secondes par terre afin de lisser les pans de sa robe.
Une chose à toujours faire quand on venait de se rasseoir, comme quoi sa mère avait beau râlé, elle n'avait rien perdu de ses bonnes manières. D'ailleurs, elle avait même commencé en inculquer quelques unes à Tom, des choses absolument rudimentaires comme comment servir le thé et à quelle heure, comment plier sa serviette de table et quels couverts utiliser pour tel aliment. Elisa ne prenait cependant pas ces leçons très au sérieux, surtout pas quand elle et Tom dansaient sur du Ray Charles en pyjama le vendredi soir, ensuite, ils avaient pour habitude de manger des glaces devant la télé en regardant des films en noir et blanc. Tom finissait toujours par s'endormir avant la fin et Elisa le portait jusqu'à sont lit avec un grand sourire aux lèvres. Et elle ne put s'empêcher d'éclater de rire face à l'enthousiasme d'Hayden. Si seulement tous ses élèves étaient comme lui!
"Pas la peine de t'excuser, qui suis-je pour rivaliser avec Oscar Wilde? À côté de lui et de ses nouvelles et de ses poèmes... Je ne suis pas très intéressante tu sais."
Elisa se passa une main dans les cheveux, l'autre attrapant son livre tandis qu'elle disait cela. Elle était très contente de leur choix de lecture et Hayden ne le savait peut être pas, mais il s'agissait d'un de ses romans préférés. Elle revenait toujours à du Wilde quand elle était déprimée ou heureuse, ou même simplement quand quelque chose d'important se passait dans sa vie. Quand elle était tombée amoureuse, elle avait dévoré un recueil de poèmes, quand elle avait eu son diplôme, elle s'était achetée une édition reliée... Bref, Elisa était plus que fan et elle s'empressa d'ouvrir son propre livre, sa copie pleine d'annotation personnelle dans la marge du livre.
"Tu veux qu'on continue ou... Je ne me souviens plus si nous avions eu le temps d'aller très loin... Quoi qu'on pourrait tout relire, ça ne me dérangerait absolument pas. Et je manque à tous mes devoirs, comment vas-tu? Tu as déjà envoyé ta lettre au Père Noël, non je plaisante bien sûr... Je pensais que j'aurais besoin de passer à la poste avec Tom, mais il ne croit déjà plus au Père Noël..."
Elisa abaissa la voix, essayant de ne pas laisser transparaître sa déception. Elle aurait dû être contente que Tom ne se laisse pas avoir par un conte aussi ridicule, mais d'un côté, elle le regrettait, car c'était un détail de plus pour lui rappeler que Tom n'était effectivement pas un enfant comme les autres. Elle aimait cette différence et elle la chérissait plus que tout mais c'était dommage, Tom avait déjà perdu son innocence et sa candeur alors qu'il n'avait que cinq ans. Que à cinq ans et il avait déjà été à moitié mangé par les loups de ce monde, que ce serait-il passé si Elisa ne l'avait pas adopté, aimé et choyé? Aurait-il fini par disparaître, car que pouvait-on devenir sans véritable lumière et sans véritable amour? Wilde avait-il la bonne phrase pour ces pauvres fleurs abandonnées? Probablement pas.
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Sujet: Re: It's cold outside (Hayden) Mer 16 Jan - 13:57
Je sens que Kayla redresse la tête à l’approche d’Elisa. Elle ne va pas grogner, les deux commencent à se connaître et ma camarade à quatre pattes sait que je lui interdis d’attaquer. Je souris donc à la nouvelle venue et lui propose de s’asseoir. Par-terre, entre les rayons. Ce n’est peut-être pas l’idéal mais c’est toujours mieux que de rester debout, non ? Et pendant ce temps là, je lui demande ce qui l’a retenue, bien que je ne lui en veuille pas le moins du monde. Et j’ai ma petite idée sur la raison pour laquelle elle est en retard... Tom, un petit garçon que je n’ai jamais rencontré mais dont elle m’a parlé. Son fils. Peut-être qu’un jour elle l’amènera avec elle à une de nos rencontres, mais en attendant je ne fais qu’entendre parler de lui. Alors, ai-je bien deviné ? Oui, apparemment. Je souris en l’écoutant. Il voulait venir ? Tiens donc... Je garde mon sourire et lâche mon livre d’une main pour poser celle-ci dans le doux pelage de ma guide. En effet, cette dernière est tendue, sur ses gardes. J’aime ce chien, mais parfois elle est un peu trop protectrice. Juste un peu. Pendant ce temps-là, j’entends le froissement des vêtements. Elle s'assoie, je suppose. SI je ne me trompe pas dans l'interprétation des sons.
-Je vois. C’est vrai que, dans ce cas, ce n’est pas l’idéal de le l’amener dans un lieu où on est censé être complètement silencieux. Mais il pourrait venir, si vous le voulez tous les deux. Il faudrait juste trouver un autre lieu de rendez-vous, tout simplement.
Hé bien quoi ? Non, ça ne me dérangerait absolument pas de le rencontrer, ce petit Tom. Au contraire, j’aimerais bien ! Enfin... S’il évite de poser trop de questions sur mon handicap. C’est la seule condition, mais comme je sais que les enfants sont curieux, je n’y échapperais certainement pas. Mais je verrai bien un jour. Soudain, un passage du livre que je tiens entre mes mains me revient en mémoire et j’oublie presque tout pour réciter ces quelques phrases qui reviennent clairement à mon esprit. Je suis cinglé, je ne changerai jamais je pense. J’ai toujours des éclairs de "lucidité" qui interviennent toujours au moment auquel on s’y attend le moins. Mais c’est ce qui fait que je reste moi-même après tout, non ? Oui. Mais comme je sais bien ce que les autres penses de mes petites manies étranges, je finis par lui demander pardon pour mon attitude. Elle éclate de rire, personnellement je ne fais que sourire tandis que je me rassois. Pas la peine de m’excuser ? Oh, si, je préfère parce que c’est souvent dérangeant. Mais qu’elle le prenne bien me fait sincèrement plaisir. D’autant plus que, si j’en crois ses dires, cette manière dont elle parle aussi, je pense avoir bien choisi. Pas très intéressante ? Je secoue la tête de gauche à droite. Non, je ne suis pas d’accord avec elle. Pas du tout même !
-Les romans sont une leçon qu’on a tout le temps de lire, de mémoriser. Les personnes qui nous entourent en sont une autre qu’il faut réapprendre constamment. Tu es toute aussi intéressante que tout ce qu’Oscar Wilde a pu écrire, je t’assure.
Je souris, doucement. Je pense sincèrement ce que je dis. Je suis romancier après tout, je sais ce que j’écris et je sais aussi ce que j’ai lu par le passé. Les romans sont des choses tellement passionnantes, des leçons plus ou moins bien réussies... Mais ce qui inspire toujours les auteurs, c’est la réalité, c’est ce qu’ils voient, ce sont leurs sentiments du moment. Moi je ne vois peut-être plus mais je ressens. Alors si je lui assure que je la trouve tout aussi intéressante que les écrits de Wilde, c’est que c’est vrai. Mais, en parlant d’écrits, elle enchaîne. Après tout, nous nous sommes donnés rendez-vous ici pour cette raison. Tout relire ? Hum... Oui, elle pourrait. Ce n’est pas comme si j’y voyais un inconvénient, elle lit très bien, c’est toujours un plaisir de l’écouter ! Mais je n’ai pas le temps de répondre qu’elle enchaîne déjà sur un tout autre sujet. Si j’ai envoyé ma lettre au Père Noël hein... Je n’ai plus tellement l’âge de croire à ces histoires. J’ai grandi, je suis adulte à présent, même si je sais que parfois on se pose la question. Je l’écoute jusqu’au bout, réfléchissant. Son fils ne croit déjà plus au Père Noël ? Je sens la déception dans sa voix, même si elle fait des efforts pour le masquer. J’ai appris à déchiffrer ce genre d’indice. Je ne me souviens pas exactement de l’âge qu’il a, je ne sais même plus si elle me l’a déjà dit ou non, mais je crois qu’il est bien jeune. Kayla repose la tête sur le sol, je récupère ma main pour la glisser dans mes propres cheveux, ramenant en arrière quelques mèches qui retombaient sur mon front. Petite manie qui ne sert à rien. Que puis-je bien répondre à de tels propos ?
-C’est dommage qu’il n’y croie plus... Mais on ne peut pas forcer les enfants à croire éternellement aux contes de fée. Contente-toi de rester présente avec lui et de le protéger du monde adulte aussi longtemps que nécessaire, et je pense que tout se passera bien.
Je continue à lui sourire, même si je suis légèrement septique. Pour moi, ces histoires sont indispensables pour bien se former. Les adultes sont trop sérieux, ils ne savent que rarement rêver, profiter de ce qu’ils ont. Ils cherchent à en avoir toujours plus, c’est dommage... Si ça ne tenait qu’à moi, je retournerait en enfance, avec mes histoires, le petit monde imaginaire que je me construisait et qui était tellement mieux que le monde réel... Enfin bref. Il faut aussi savoir vivre dans la réalité. Je secoue très légèrement la tête et, pour ma part, finis par la baisser, regardant ce livre qui se trouve entre mes mains sans le voir. Lettre au Père Noël... Non, je ne l’ai pas envoyée. Peut-être devrais-je tenter le coup ? Après tout, qu’ai-je à perdre ? Rien... Rien du tout... Mais trêve de déprime, je sais que ça ne me va pas. Je suis un optimiste aux yeux de tous, il faut que je tienne bien mon rôle !
-Pour répondre à ta question, je vais bien. Je me réchauffais en t’attendant. J’espère qu’il n’y a pas un trop grosse flaque d’eau autour de moi, vu la quantité de neige que je devais avoir sur moi... Quant à ma lettre au Père Noël, je ne pense pas que ce soit utile que je la poste. Même lui, avec ses pouvoirs, serait bien incapable de m’apporter ce que je veux vraiment.
Je garde mon éternel sourire tandis que mon ton est celui de la plaisanterie. Je ne tiens pas spécialement à ce qu’elle comprenne que, au fond... Il n’y a que deux choses que je voudrais. Pouvoir passer plus de temps avec Loukian et retrouver la vue. Mais ni l’une ni l’autre de ces choses ne sont possibles pour des problèmes techniques. Alors je dois me contenter de ce que j’ai, comme toujours. Il ne faut pas que je m’en plaigne, je m’en sors plutôt bien après tout. Bien voir très bien. Alors je ravale mes propres rêves et je fais ce que je sais si bien faire : garder le sourire et masquer mes faiblesses derrière ma douce folie habituelle. Bien, et si j’oubliais ce léger moment de déprime pour me concentrer à nouveau sur autre chose ? Sur les livres tiens ! Qu’est-ce qu’on disait déjà ? Si je voulais qu’on continue ou qu’on reparte au début ? Hum... Qu’est-ce que je voulais dire tout à l’heure, avant qu’elle n’enchaîne ? Voyons... Ah, oui, je me souviens.
-Pour en revenir à notre sujet de départ, si tu souhaites recommencer, je t’en prie. Mais dans ce cas comme dans l’autre, il faudrait peut-être bouger, tu ne crois pas ? Le sol est confortable mais les employés ne sont pas toujours ravis quand ils trouvent des lecteurs assis sur le sol, en train de bavarder entre deux étagères. Donc tu préfères qu’on aille se chercher une table ? Ou on reste là en espérant qu’ils ne viennent pas par ici ?
C’est pas que ça me dérange de rester au sol, pas du tout. Je me sens bien là. Même si je sens bien qu’il y a une légère flaque d’eau autour de moi. Mes cheveux aussi sont un peu mouillés d’ailleurs. Cette chute de tout à l’heure m’a un peu couvert de neige je pense, et maintenant que celle-ci a fondu, je suis un peu mouillé. Pas grave, ce n’est pas avec ça que je vais attraper froid, j’ai connu pire. Bref. Je disais, je ne suis pas pressé de me déplacer mais je pense qu’elle sera mieux sur une chaise et une table. Ce n’est que mon avis. J’attends simplement qu’elle me réponde, histoire de savoir quoi faire pour la suite.
Spoiler:
Désolé pour ce retard...
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The Limping Woman
Sujet: Re: It's cold outside (Hayden) Mer 23 Jan - 21:24
Elisa n'était pas du genre très bavarde, ni même du genre à se confier. Non, elle était connue pour être cette jeune femme silencieuse qui ne disait quasiment rien et qui offrait toujours un sourire impeccable. Pas un sourire hypocrite ou trop forcé, mais juste celui qui était suffisant pour être polie et faire en sorte qu'on ne l'oublie pas. C'était sa mère qui lui avait appris à sourire de la sorte quand elle était encore bien jeune. Regarde Elisa, lui avait dit Mrs McDougall, regarde et apprend. Sa mère était connue pour ne supporter qu'un petit nombre de personnes et mépriser tous les autres et pourtant grâce à son sourire, tous l'adoraient. Un art qu'Elisa avait appris à maîtriser dès le plus jeune âge. Cela l'avait aidé à passer inaperçu, en fait, toute sa vie avait été à peu près banale et sans aucun évènement notable jusqu'à ce qu'elle mette les pieds à l'université. On l'avait trouvée bizarre, trop timide, trop silencieuse ... Trop effacée, et alors le sourire n'avait pas suffi. Elisa n'avait pas eu beaucoup d'amis pour le coup et depuis qu'elle était à Kuyden, elle faisait la compagnie de gens tout à fait sympathique et charmants. À commencer par Caitlyn et Hayden. Mais peut être que c'était Tom qui la rendait ainsi, après tout le petit garçon mettait un véritable sourire sur son visage et rien ne pouvait remplacer ça. Le petit garçon avait rempli un vide dans sa vie et elle s'était rendue compte que pendant toutes ces années où elle s'était sentie bancale ou cassée, c'était tout simplement parce qu'elle n'avait pas eu Tom. Elle regarda autour d'eux quand Hayden lui fit remarquer qu'ils devraient peut être bouger et elle haussa les épaules, se mettant encore plus à son aise sur le sol.
"Restons donc ici, je viens tout le temps et crois moi, Tom a déjà fait des choses plus étranges dans cette bibliothèque que s'asseoir sur le sol."
Et c'était la vérité. Déjà en tant qu'enseignante, Elisa fréquentait beaucoup cette bibliothèque, elle conseillait toujours aux parents de ses élèves de faire redécouvrir les joies d'une bibliothèque et de rangées de livres à leur enfants et de laisser tomber un peu les consoles vidéos et leur écrans. Cependant, il n'y avait que les yeux de Tom qui s'illuminaient dans cet endroit. Une fois, dans sa hâte, il avait renversé tout un présentoir de livres, se retrouvant enseveli sous les pages. Elisa avait poussé un cri avant d'aller libérer son petit garçon et tout ceci sous les regards des autres lecteurs et des bibliothécaires. Elisa s'était ensuite confondue en excuse pendant une heure et avait offert de réparer les dommages, tandis que Tom se tenait là, les joues rouges et ne disant plus rien. La mère comme le fils, ils partageaient cette timidité maladive et il était difficile de se dire qu'ils parlaient quand ils étaient tous les deux. Mais Tom et Elisa échangeaient peu de mot,s ils avaient fini par se comprendre d'une autre manière depuis le temps, à un point tel que Tom savait toujours quand sa mère voulait du thé et allait toujours le préparer pour elle, de même qu'Elisa savait toujours quand Tom voulait un câlin ou qu'elle lui prenne la main. Il n'avait jamais été un grand fan du contact physique et même ses élans d'affection pour sa mère étaient mesurés.
"Et je suis désolée, je ne voulais pas t'ennuyer avec mon fils, être mère célibataire est un job à plein temps. Mais il faudrait que je te présente Tom un de ces jours, si tu l'entends, tu ne pensera pas que c'est un enfant de cinq ans, j'en suis fière mais bon..."
Elisa se rendait bien compte que son petit monde tournait autour de Tom et pourtant, elle n'en était pas désolée. Elle avait été dévastée en apprenant qu'elle ne pourrait jamais avoir d'enfants et pendant longtemps elle s'était demandée à quoi bon. Elle voulait être mère, avoir quelqu'un à aimer, et on l'avait privée de ce droit trop brutalement, comme si on avait voulu lui couper le souffle, et ce n'était pas juste. Pas juste du tout. Avec Tom, elle avait pu respirer de nouveau et elle n'était plus submergée par le doute et le désespoir. Elle respirait enfin. Elisa poussa un soupir et se concentra de nouveau sur son bouquin, ne voulant pas gâcher sa séance avec Hayden.
"Bref, reprenons depuis le début, d'accord? J'ai ramené ma propre copie, nous n'abîmerons pas les livres de la bibliothèque et rassure toi, il n'y a pas d'eau partout."
Elle s'éclaircit la gorge et se remit à lire le premier chapitre.
"L’atelier était plein de l’odeur puissante des roses, et quand une légère brise d’été souffla parmi les arbres du jardin, il vint par la porte ouverte, la senteur lourde des lilas et le parfum plus subtil des églantiers.
D’un coin du divan fait de sacs persans sur lequel il était étendu, fumant, selon sa coutume, d’innombrables cigarettes, lord Henry Wotton pouvait tout juste apercevoir le rayonnement des douces fleurs couleur de miel d’un aubour dont les tremblantes branches semblaient à peine pouvoir supporter le poids d’une aussi flamboyante splendeur..."
Spoiler:
Je m'excuse pour la qualité médiocre de ce rp
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should I fall out of love, my fire in the light,to chase a feather in the wind, within the glow that weaves a cloak of delight,there moves a thread that has no end, for many hours and days that pass ever soon, the tides have caused the flame to dim, at last the arm is straight, the hand to the loom,is this to end or just begin?
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Sujet: Re: It's cold outside (Hayden) Dim 24 Mar - 23:12
Je l’écoute parler de son petit garçon, et soudain je me pose une question. Une simple et stupide question. Quel âge a Elisa ? Je n’en ai pas la moindre idée ! Je ne suis pas assez entraîné pour être capable de me baser uniquement sur la voix ! Alors j’en suis réduit à me poser cette question, sans pouvoir espérer avoir de réponse. On ne demande pas son âge à une dame, c’est l’évidence même. Alors je m’abstiens mais cette question me turlupine quelques instants. Mais je finis par ranger celle-ci dans un coin de ma mémoire, avec les milliards d’autres que je me suis un jour promis de poser. Des choses étranges dans cette bibliothèque hein ? J’ai dû en faire aussi, durant mon adolescence. Pas durant mon enfance, j’étais un enfant bien trop sage, bien trop discipliné. Enfin... Disons plutôt que j’étais discret, invisible. Alors faire des bêtises dans un lieu public, non. Des choses étranges... Est-ce que récupérer tous les livres d’une collection pour en faire une pyramide où chaque ouvrage est positionné en fonction de son titre compte ? Je m’étais fait disputer par mon père, ce jour là. Je ne peux retenir un sourire amusé en me souvenant de ce passage lointain... Souvenirs... Il faut qu’elle en profite, les enfants ne le restent pas éternellement, ils grandissent, mûrissent, bien que l’adolescence soit une phase bien complexe, changent... Il faut profiter de la vie avant qu’elle nous file sous le nez sans qu’on ait pu la vivre à fond. C’est ma philosophie.
On reste donc sur place, puisque c’est ce qu’elle souhaite. Moi, que ce soit ici ou sur une table, cela ne fait pas tellement de différences. Je m’adapte à tout et comme j’étais déjà bien installé, ne pas bouger m’arrange quelque peu. Enfin, j’avoue que la neige fondue qui doit m’entourer n’est peut-être pas idéal. Tant pis. Je secoues la tête alors qu’elle s’excuse. M’ennuyer avec son fils ? Non, bien évidemment que non ! Il ne faut pas qu’elle parte sur cette idée, elle aime son fils, je le sens dans cette façon dont elle parle de lui, dans les mots employés, les intonations... Je sens de la tendresse, de l’amour, et la passion avec laquelle elle parle de lui. C’est beau d’entendre une mère parler de son enfant. Dans certaines limites, oui, d’accord, mais l’écouter ne me dérange pas le moins du monde. Au contraire, c’est de cette manière que j’apprends à le connaître sans même le rencontre, ce petit Tom.
-Ne t’excuse pas Elisa, j’aime t’écouter parler de lui. C’est... Comment dire... Passionnant de d’entendre à quel point tu l’aimes, ton fils. Et oui, il faudrait que tu me le présentes un jour. Je suis curieux de le rencontrer, ce petit. S’il est juste possible qu’il évite de poser trop de questions sur mon... Handicap...
Hé oui, gros problème : mon handicap. J’ai encore du mal à supporter les remarques, même si je préfère essayer de relativiser. Tout le monde n’en fait pas exprès, je le sais bien, mais ça fait mal. Je n’aime pas qu’on me considère comme quelqu’un de plus dépendant qu’un autre. Ce que je suis pourtant, il ne faut pas que je me voile la face. Mon indépendance a disparu cette fameuse nuit et ne reviendra jamais, peu importe ce que je pourrai faire. Le livre tourne entre mes doigts quelques instants jusqu’à ce que j’accorde à Kayla quelques grattouilles entre les oreilles. Elle serait un chat, je crois qu’elle ronronnerait. Elle adore ce geste ! Je suis bien elle aussi, j’espère qu’Elisa est aussi à l’aise de son côté. Je ne l’oblige pas à venir, j’espère qu’elle apprécie ces petites séances de lecture autant que moi... J’espère... Bref... Un soupir capte mon attention alors qu’elle finit par reprendre la parole. Reprendre depuis le début ? Comme elle le souhaite. J’hoche donc simplement la tête, indiquant donc de cette manière que je suis d’accord avec sa décision et que je suis rassuré de savoir que je n’inonde pas tout le couloir. Une bibliothèque n’est pas une piscine après tout, et ce n’est certainement pas la fonction que je souhaite donner à un tel établissement. Quoique, avec toute la superficie disponible, on pourrait avoir de superbes bassins olympiques. Il faut que j’arrête d’avoir des idées aussi stupides... Et dire que je me répète ça depuis des années, je suis irrécupérable.
Elle s’éclaircit la gorge, j’en oublie instantanément le reste et pose l’ouvrage sur mes jambes, à un endroit non mouillé afin de ne pas l’abîmer. En un vieux réflexe bien inutile, je ferme aussi les yeux. Et là j’écoute, dans un silence quasi-religieux. Je mémorise chaque mot, chaque son. Les intonations sont parfaites, le rythme y est, pour ce dont je me souviens. J’ai l’impression d’être plongé dans le Londres dépeint par les mots d’Oscar Wilde, dans l’atelier avec lord Henry Wotton qui fume ses cigarettes comme à son habitude, et Basil Hallward qui observe son portrait de Dorian Gray. J’ai l’impression de les entendre discuter. En tant qu’écrivain, est-ce que je dois supposer que c’est dû à ma bonne imagination ? Non, je pense surtout que c’est la manière dont Elisa lit qui me permet d’imaginer tout ça. C’est tout simplement... Parfait. Malheureusement, il semblerait que ma camarade à quatre pattes ne soit pas d’accord puisqu’elle se met soudainement à aboyer. Je ne peux retenir un sursaut avant de glisser une main dans son pelage, essayant de la calmer. Elle grogne. Qu’est-ce qu’il y a ? J’écoute, inquiet... Des bruits de pas dans une allée. Je lâche alors un profond soupir et pose l’ouvrage du Portrait de Dorian Gray sur l’une des rangées de l’étagère derrière moi avant d’attirer l’animal contre moi, posant sa tête sur mes genoux. Je grimace un peu, étant donné qu’elle appuie un peu et que quelques bleus dus à ma chute doivent commencer à se former... Ouille... Enfin voilà, calme à présent... Calme... Lentement, elle se tait. Ce n’est que lorsque je la sens complètement apaisée que j’adresse un vague sourire d’excuse à la demoiselle qui lisait quelques instants plus tôt.
-Je suis navré, Kayla a encore un peu de mal à bien réagir en présence d’autres personnes. Je crois qu’elle est un peu trop protectrice, résultat elle montre les crocs dès qu’il y a des inconnus dans les parages. Une vraie mère poule, je te le jure ! Ou une vraie louve, tout dépend des références qu’on a. Ça fait un peu peur parfois, mais c’est très drôle à voir dans certains cas.
Je ris légèrement. C’est vrai que c’est difficile de vivre avec une louve qui vous prend pour son petit, vous défendant griffes et crocs contre tous les inconnus. Mais ça peut donner de biens drôles de résultats parfois. Je souris avant de secouer la tête. Ma camarade à quatre pattes a relevé la sienne, comprenant très certainement que je parlais d’elle. À nouveau, je lui accorde quelques grattouilles entre les oreilles. Elle retourne alors sur mes genoux tandis que je tourne pus ou moins bien mon regard vers Elisa. Je pense que ça doit être dérangeant de se faire observer sans être vu. Il faudrait que je remettre mes lunettes, ce n’est pas le moment de la mettre mal à l’aise... Alors je baisse à nouveau les yeux. Ah la la...
-Pardon, avec tout ça, on t’a interrompue. Mais, avant que tu reprennes, est-ce que tu préfères que je remette mes lunettes de soleil ou pas ?
Je préfère demander, m’interdisant de me mordiller la lèvre. Oui, je suis peut-être un peu nerveux. Je n’aime pas toutes ces marques de ma différence mais il faut bien que je m’y fasse vu que je suis condamné à vivre ainsi. Et puis, s’il y a une chose que je n’aime vraiment pas, c’est mettre les autres mal à l’aise. Alors si ça la dérange, j’essuierai mes lunettes couvertes de bave et je les replacerai sur mon nez, peu importe qu’on soit en intérieur. Après tout, le plus important, c’est qu’elle soit à l’aise. Non ?
Spoiler:
Pardon pour cette maigre qualité et surtout cet énorme retard...
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