Sous-profil : Messages : 647 Date d'inscription : 07/07/2021
Faîtes de beaux rêves Situation sentimentale ♥ : Hi, I'm an Adelstein Addict. Groupe : Midnigters Avatar : Chris Hemsworth Nounours ♥
Sujet: In the Hall of the Mountain Queen - Cléo Sam 23 Mar - 19:21
My nights are so white...
Les paroles en gras sont en allemand.
Cela n'étonnait même plus Noah quand il ouvrait les yeux le nez enfouit dans la neige, la poudreuse lui envahissant légèrement les narines. Depuis quelques semaines, le même schéma se répétait, à chaque fois qu'il fermait les yeux, il savait parfaitement à quoi s'attendre. Chaque nuit se terminait et chaque rêve débutait ainsi. Y avait-il un sens caché à tout ceci ? Si oui le blond s'en moquait profondément, il ne savait que ceci : toutes les nuits, il se faisait dévorer par un loup à la force redoutable, aux crocs puissants et à l'estomac vide. La bête avait faim, toujours et inlassablement faim et Noah était sur son chemin, toujours sur son chemin. Et à chaque fois, le blond n'offrait absolument aucune résistance. À quoi bon ? Si peu de personne avait le privilège d'assister à leur propre mort, Noah lui le pouvait. Noah avait l'occasion de voir son sang répandu sur la neige fraîche, il n'allait pas laisser passer cette chance. En plus, il ne perdait rien et il ne gagnait rien non plus à se battre. Il avait déjà tenté de courir une nuit, la bête était beaucoup plus rapide que lui, sa mâchoire s'était violemment refermée sur sa cheville et elle avait alors rappelé à Noah qui était le maître ici. C'était peut être son rêve, son subconscient qui lui jouait des tours mais ce n'était certainement pas lui qui décidait de son propre sort. Quelle douce ironie vraiment...
Ce soir-là, Noah s'était effondré sur son canapé après une journée particulièrement éreintante aux côtés de Klarence. Depuis la signature d'un contrat important il y a de ça quelques jours, le De Willefort avait plus que jamais besoin de lui. Ce qui ne dérangeait pas le moins du monde Noah, le blond appréciant son job plus que tout. Mais Noah n'était qu'un homme et à chaque fois qu'il retombait sur son canapé, juste après avoir laissé tomber ses clés sur le sol, il s'en rappelait brièvement. Il poussa un soupir, la tête enfoncée dans un oreiller, il avait mal sans vraiment avoir mal, il sentait que son corps était arrivé à la limite entre la fatigue et la démence, oui, la fatigue commençait à gagner ses os à présent. Une douche aurait été une bonne idée, même enlever ses chaussures aurait été une bonne idée, peut être même se faire à manger et répondre aux messages de Seth qui lui demandait s'il pouvait passer dans la soirée. Cependant, Noah ne fit aucune de ces choses là et il n'eut même pas le temps d'y songer que déjà, il s'endormait. Pour rouvrir les yeux dans la neige. Noah se redressa rapidement en fronçant les sourcils. Il n'était pas d'humeur ce soir, il savait très bien ce qui allait se passer mais il n'était pas certain de pouvoir faire face à son propre bourreau aujourd'hui. « Il doit bien y avoir une solution. » murmura Noah en regardant aux alentours. Il n'y avait rien à part des arbres et de la neige à perte de vue. Rien. Et il ne disposait que de quelques secondes avant que le loup ne fasse son apparition, seulement quelques secondes...
Noah porta son regard sur un arbre, il entendit un craquement au loin et il savait à présent que s'il voulait agir, c'était désormais maintenant ou jamais. Il se dirigea vers l'arbre le plus proche et sauta pour attraper la branche la plus grosse qu'il pouvait avoir. Une fois, deux fois, il réussit à arracher un morceau de bois assez conséquent pour qu'il puisse constituer une arme. Noah n'eut pas le temps d'être fier de son acte car déjà, la bête approchait. Entre les deux, il n'y avait que quelques mètres de distance, aucun des deux ne sourcillaient, les yeux du loup fixés sur Noah, le blond attendant le bon moment. Le parfait moment où la bête allait se rappeler que c'était mal de jouer avec la nourriture et qu'elle n'était là que pour une seule chose : réduire Noah à néant. La bête fit un pas en avant ce qui eut le don de faire sourire Noah. « Même pas de bonjour ? » laissa t-il échapper en allemand. « Très bien. » Et c'est en lançant un clin d'oeil au loup que Noah se mit à courir.
Les foulées du suisse étaient amples et il aurait pu distancer n'importe quel autre homme mais ce n'était pas un homme qui le poursuivait, les hommes n'étaient pas du genre à désirer autant de la chair et du sang, chose qui parfois faisait douter Noah sur sa propre nature. Il pouvait sentir la bête derrière lui, il pouvait l'entendre grogner et faire trembler le sol sous ses pas et il savait très bien à quel moment tout ceci prendrait une tournure funeste. Kant, philosophe allemand dont Noah avait lu quelques uns des écrits, avait dit que la perception d'une sensation était basée sur le ressenti et la connaissance de cette même sensation. Noah qui courait à présent, comprenait tout à fait de quoi il parlait. Il savait que le loup allait vouloir le faire trébucher, savait que sa gueule allait se refermer sur sa jambe gauche. Il le savait. Et il y avait sans doute un sourire sur ses lèvres au moment où le loup bondit, prêt à le faire renverser mais Noah se retourna à ce moment précis, et pendant une brève seconde, son regard croisa celui de la bête, pendant cette seconde il comprit que dans le fond, lui et l'animal n'étaient pas si différents que cela. Tous les deux, ils avaient faim, tous les deux essayaient de se remplir la panse de la manière la plus radicale qui soit, tant pis si ce n'était pas juste, tant pis si des gens devaient en subir les conséquences. Tant pis. La seconde n'était cependant pas une éternité et tout s'effondra au moment où Noah, avec son arme plus que rudimentaire, asséna un violent coup à la bête.
Cette dernière poussa un grognement, s'arrêtant dans sa course, chutant même, Noah, qui lui aussi avait cessé de courir et était également retombé au sol, l'observa. Noah était à bout de souffle, il avait un genou à terre et tenait toujours fermement le morceau de bois. « On en reste là pour cette nuit mon grand ? » murmura t-il mais le loup ne l'entendait pas de cette oreille, son regard semblait encore plus menaçant à présent et il poussa un hurlement à faire frémir la lune en personne avant de se jeter sur Noah. Noah qui retomba dans la neige, se défendant comme il pouvait, le loup mordit violemment dans la branche, la brisant en deux et Noah fut contraint d'abandonner son seul moyen de défense, le loup visant à présent sa gorge.
Visiblement ce soir, il aurait une mort bien plus atroce que les nuits précédentes.
_________________
But Mama
Did warm me about your kind And told me that happiness was not true Sometimes I believe I'm not that dead But the beast reminds me that my hopes are too high
Messages : 13 Date d'inscription : 11/03/2022 Like a boss.
Sujet: Re: In the Hall of the Mountain Queen - Cléo Mar 26 Mar - 22:31
Cléo marchait dans la neige, errant sans véritable but. Elle laissait ses pensées vagabonder tandis que ses jambes la guidaient, sans même chercher à comprendre. Son regard bleuté se baladait de branche en branche, admirant la clarté de la neige, se demandant parfois si les arbres n’allaient pas bientôt céder sous cette immense couverture blanche. À chaque expiration, un léger nuage émanait de son nez finement dessiné pour venir danser dans l’air glacé de cette journée. Elle était bien, au chaud dans son manteau rouge qui semblait presque trop grand pour elle, les mains blotties dans ses poches. Il n’y avait que son visage pour sentir le froid, faisant rosir ses joues et réveillant la moindre parcelle de sa peau diaphane. La blondinette s’arrêtait parfois pour pencher la tête en arrière, fermant les yeux pour apprécier la légère brise qui venait la caresser. Ses oreilles et ses lèvres semblaient chauffées à vif par la température négative, mais peu lui importait. À vrai dire, elle adorait cette sensation et la recherchait sans cesse. La jeune femme n’appréciait pas spécialement la douleur, bien au contraire... Mais ce petit picotement singulier que provoquait la froideur d’un tel décor faisait palpiter son coeur ; elle était encore en vie, et ces sens réagissaient au monde extérieur. Elle était vivante. La neige le lui rappelait.
La danseuse reprit sa route après avoir ouvert les yeux et elle ne put s’empêcher de s’émerveiller une nouvelle fois en redécouvrant ce paysage féérique. Un léger sourire vint se poser sur ses lèvres rouges qu’elle humidifiait souvent pour tenter de les réchauffer. Elle avançait doucement, sa petite taille l’obligeant à faire de grandes enjambées, la neige lui arrivant jusqu’au milieu des mollets. Peu lui importait, elle avait tout le temps du monde. Et de toute manière, Cléo n’avait pas de but précis ; rien ne la retenait ici et elle pouvait toujours faire marche arrière. Mais elle continuait, simplement parce qu’elle le pouvait. Elle n’avait pas d’obligation, pas d’explications à donner, pas de leçons à recevoir si toutefois elle rentrait en retard. Parce que Derek n’existait plus, et qu’elle vivait enfin... Tout, autour d’elle était pur, intact, vierge. Parfois, elle n’osait plus faire un pas, ne voulant pas souiller la poudreuse de son talon sale et conquérant. Mais elle raffolait du léger craquement des flocons sous ses pieds, cette mélodie comparable à aucune autre. Elle ne pouvait pas s’en passer, au point de vouloir la reproduire même lorsque tout avait fondu. C’était incroyable de se dire qu’un simple son pouvait évoquer autant de souvenirs... Elle songeait à Peter, son père, celui avec qui elle passait des heures entières dans le jardin de la demeure familiale à façonner un visage grotesque à leur bonhomme de neige. Elle le revoyait courir pour éviter les boules qu’elle avait façonné avec ses mains d’enfants frigorifiées, comme si c’était hier. Et pourtant, il lui semblait qu’une éternité s’était écoulée depuis ce temps-là...
Le rire de son père résonnait dans sa tête comme les reflets du soleil scintillaient sur la glace, au point de lui faire oublier tout le reste, de l’éblouir complètement. Il ne s’écoulait pas une heure sans qu’il lui manque, sans qu’il soit présent quelque part dans son esprit, hantant ses moindres faits et gestes. Et si elle n’était jamais partie ? Si elle avait décidé de rester auprès de lui plutôt que de croire aux belles promesses du premier venu ? Maintenant qu’elle était enfin libre, qu’elle pouvait se permettre quelque chose d’aussi banale qu’une promenade, elle se sentait à jamais emprisonnée par le manque qui envahissait sa poitrine. Consciente qu’elle était bientôt à bout de force, elle soupira avant de baisser la tête. Ce n’était pas par désespoir, ni même par abandon. Non. C’était uniquement pour mieux la relever, pour se convaincre qu’il fallait continuer. Toujours, inlassablement. Parce qu’elle était encore debout.
La jeune femme s’était décidée à ne plus penser lorsqu’elle entendit un hurlement qui sonnait comme une menace, un avertissement. Elle fit volte-face, se précipitant tant bien que mal vers l’origine de ce cri animal. Il fallait bien avouer qu’elle avait l’air ridicule alors qu’elle se débattait pour franchir l’épais manteau de neige qui ralentissait sa course... C’est au prix de nombreux efforts qu’elle arriva enfin sur les lieux du crime. À sa place, beaucoup aurait tenté de fuir dans le sens inverse plutôt que de se jeter dans la gueule acérée de ce prédateur ; mais lorsqu’on a vécu la folie d’un homme, même un loup parait moins effrayant. Cléo ne se trouvait plus qu’à quelques mètres de la bête, remarquant seulement maintenant qu’elle s’en prenait délibérément à un être humain. Mais pas n’importe lequel... Elle avait l’impression de l’avoir déjà croisé quelque part, qu’il s’était déjà retrouvé dans une posture similaire. Il y avait quelque chose de familier dans cette scène, et Cléo ne savait pas vraiment si c’était la violence ou les protagonistes qui éveillait en elle cette sensation de déjà-vu. Mais il ne fallait plus perdre de temps.
Portant ses doigts jusqu’à sa bouche, Cléo tenta de siffler pour attirer l’attention de l’animal. En vain. Elle soufflait dans le vide, sa langue tiède ne parvenant pas à réchauffer suffisamment ses lèvres et le bout de ses doigts pour parvenir à ses fins. Elle essayait pourtant, sans relâche, sachant pertinemment que le pire était sur le point de se produire si elle n’agissait pas rapidement... Néanmoins, le loup releva la tête, la gueule encore béante, le regard menaçant. Il l’avait sentie. La blondinette ne bougeait plus, fixant la bête, plissant légèrement les paupières pour l’imiter. C’était un mâle, et comme tous les autres, elle le dominerait. Elle rangea ses mains lentement, esquissant un sourire tandis que ses yeux devenaient aussi froids que la neige, aussi glacials que le vent qui la traversait de part en part, aussi durs et austères que le givre sur la cime des arbres. De toute ses forces, elle le chassait de ses terres saintes, de son territoire jusqu’ici inviolé. Et dans un grognement de mécontentement, le loup s’enfuit, sans demander son reste.
Lorsqu’elle fut certaine qu’il ne reviendrait pas sur ses pas, Cléo se posta alors près de l’homme qui se trouvait toujours à terre. Lui non plus n’était pas le bienvenu, mais qu’importe ; il en avait assez bavé pour le moment. Elle s’efforça d’adoucir son regard pour s’adresser à lui, sans pour autant paraitre chaleureuse - elle ne voulait pas prendre le risque de faire fondre la clarté venue des cieux. « Ça va aller ? », demanda-t-elle, son regard fouillant le corps de l’inconnu pour essayer de dénicher une blessure. « Vous pouvez vous lever ? » Il n’était pas question qu’elle lui tende la main. Elle irait chercher de l’aide s’il le fallait, mais la vie lui avait appris à ne plus avoir confiance envers le sexe opposé. Après tout, l’homme était un loup, cette bête sanguinaire et insatiable... Et elle était déterminée à ne plus être une proie. Plus jamais.
In the Hall of the Mountain Queen - Cléo
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum