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Aucun enfant ne naît gâté: il apprend à le devenir

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Aucun enfant ne naît gâté: il apprend à le devenir

Message par scorpy le Ven 14 Aoû - 13:37

Les petits cadeaux ou l'art de gâter ses enfants sans en avoir l'air



Aucun enfant ne naît gâté: il apprend à le devenir. Et cet apprentissage ne lui tombe pas dessus comme par enchantement. Derrière chaque enfant gâté se cache un parent incapable de dire non, qui consent à acheter à peu près tout ce qui tombe sous le regard avide de son petit. Que faire pour renverser la vapeur et transformer nos créatures en de gentils bambins mus par la gratitude et heureux de ce qu’ils ont? Mission impossible, pensez-vous? Meuh non, avec un peu de poigne et de patience, on y parviendra. Et tout le monde s’en portera mieux!

Au royaume de la surconsommation nord-américaine, le gadget de plastique est roi: entouré de ses petits sujets avides et éternellement insatisfaits, il jouit d’un pouvoir puissant. Écrasant, aussi. Et aliénant. Souliers à l’effigie de Spider-Man, DVD des Transformers, pyjama Dora, barrettes Barbie, tout et n’importe quoi devient objet de convoitise pour nos enfants.

Le plus inquiétant, c’est que rien ne semble apaiser leur soif de consommation. Pire, plus ils en ont, plus ils en veulent. L’être humain, petit ou grand, est ainsi fait: notre désir nous mène par le bout du nez, tout comme notre envie de posséder ce que nous n’avons pas. Sauf que telle une chaudière percée, combler notre désir est mission utopique.



Avoir et être: non, ça ne se conjugue pas
En clair, si en tant que parent, on s’imagine que l’on pourra satisfaire notre enfant en cédant à tous ses caprices et qu’on le rendra ainsi heureux, on se trompe. Avis de psys à l’appui: rendus à l’âge adulte, beaucoup de ces enfants se frappent à un mur. Ils ont beau jouir de bons salaires et consommer massivement, ils ne connaissent pas le bonheur. La raison est simple, la pub s’évertue avec ingéniosité à nous faire croire que le bonheur passe par le matériel. Or, nous, pauvres terrestres, trouvons notre bien-être dans l’être, et non dans l’avoir; si le confort s’achète, la sérénité, elle, n’a pas de prix.



Rôle et devoir parental
Si jusqu’ici on est d’accord avec ces assertions, on pressent forcément qu’en tant que parent, il est de notre devoir de guider nos enfants dans l’art d’apprivoiser leur désir et de les aider à s’en affranchir. Comment faire?

En un mot: NON. On se discipline à leur dire «non», et à rester ferme dans ce NON. Plus simple à lire qu’à faire parce que ce refus aura de multiples conséquences désagréables: crises, larmes, babounes, haine, ressentiment.

Pour mieux s’endurcir face aux nouvelles réactions de nos enfants, il nous faut être intimement convaincus du bien-fondé de notre entreprise de «dégâtage». Que désire-t-on pour nos petits? Qu’ils deviennent des adultes heureux, autonomes, responsables, conscients que la vie est belle malgré son lot de frustrations? Qu’ils comprennent que la paix intérieure ne s’achète pas au Dollarama?



Prêcher par l’exemple
Une autre difficulté qu’on rencontrera lors de cet apprentissage sera notre propre comportement face à la consommation. Honnêtement, nous éprouvons tous un certain plaisir à acheter cette nouvelle paire de chaussures, ce joli vase ou ce CD. Mais s’il nous est, à nous-mêmes, impossible de résister à la tentation d’acheter, il est vain de penser que notre enfant pourra changer son propre rapport à la consommation.

La tactique des petits pas peut nous donner un bon coup de main. Si la simplicité volontaire demeure un noble concept, elle est effectivement peu simple à appliquer! Comment peut-on s’y prendre?



Par exemple, lors du prochain anniversaire de notre enfant, ou encore à Noël prochain, on les prévient que cette année, ce ne sera pas l’avalanche de cadeaux (lesquels aboutissent invariablement dans le fond de la boîte à jouets, oubliés). Ce sera un seul cadeau.

Aussi, quand notre enfant nous accompagnera pour aller faire les courses, on l’avisera avant même de fouler le sol du supermarché qu’on ne lui achètera pas ses céréales multicolores et bourrées de sucre, mais que nous lui offrirons le fruit de son choix avec plaisir, par exemple. Et que non, il n’aura pas cette babiole à la caisse. Surtout, ne craquons pas quand il fera sa crise. Laissons-le aller. Si le regard des autres nous gêne, regardons dehors, et chantons-nous intérieurement L’amour existe encore!


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